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L'actu Foot analysée, commentée, critiquée... différemment.


Ligue des champions : une demi-finale 100% française ?

Publié par Florian sur 22 Mars 2013, 10:41am

Catégories : #Féminine, #LDC, #Lyon

Ligue des champions : une demi-finale 100% française ?

Oui oui, relisez le titre, vous ne rêvez pas : une demie finale de ligue des champions avec deux clubs français ! Cette situation relève aujourd’hui de l’utopie… uniquement pour les gars ! Car si demi-finale, Europe et club français ne se conjuguent pas au masculin (ou si peu !), les trois mots sont très liés chez les femmes.

Une dynamique extraordinaire

Mercredi, avait lieu les quarts de finales aller de la ligue des champions féminine dans un relatif anonymat. Les Lyonnaises n’ont fait qu’une bouchée de Malmö, un club suédois 5-0, tandis que Juvisy s’imposait également à domicile 1-0 contre Göteborg. Les deux équipes, qui ont toutes deux maitrisé leur sujet, se retrouvent en position favorable (voir optimale pour Lyon) pour rejoindre les demi-finales… où les deux équipes s’affronteraient. Une demi-finale franco-française ? Inédit dans l’histoire des coupes d’Europe !

A l’heure où leurs homologues masculins sont à l’agonie sur le plan européen (à part peut-être le PSG tout récemment), ces bons résultats donnent une bouffé d’oxygène et de vitalité au football français. Fort des récents succès acquis, le foot féminin poursuit son essor dans l’Hexagone. La demi-finale a attiré plus de 12000 spectateurs à Gerland, nombre qui, même si très faible comparé aux hommes, ne fait qu’augmenter ces dernières années. Il suffit de voir l’engouement suscité lors de chaque sortie de l’edf féminine ! Les stades sont pleins, le public joue un vrai rôle de supporter et non celui de spectateur endormi comme au Stade de France quand jouent les garçons (les joueurs ne font rien pour les réveiller non plus !).

Une façon de jouer différente.

Comme la plupart des fans de foot, j’ai découvert qu’il existait une équipe de France féminine grâce au mondial 2011 en Allemagne. J’ai été séduit dès les premières rencontres, moi qui ne peux désormais presque plus regarder un match de l’équipe de France homme en entier, tant j’ai dû endurer de purges dignes d’un Toulouse- Bordeaux en ligue 1. Bien sûr, les résultats obtenus (quatrième du championnat du monde, même résultat au J-O) ont beaucoup aidés dans mon suivi : Enfin une équipe qui gagne ! Mais plus que ça j’ai apprécié le jeu en général, que je juge différent de celui des hommes.

Attention ici, à ne pas se tromper sur mes propos : la comparaison homme/femme en tant que telle sur les matchs n’a aucun sens. Compare-t-on le résultat d’un 100 mètres homme et femme ? Mets-on en parallèle boxe féminine et masculine ? Il est normal que les meilleures joueuses du monde soient incapables de battre une équipe de niveau national (D3) en France. Certes, tout le monde pratique le même sport, mais avec quelques nuances qui tournent plutôt en faveur des femmes pour moi. Prenons le physique. Bien que le terrain soit de mêmes dimensions, les femmes n’ont pas les mêmes capacités physiques que les hommes : moins de vitesse, d’endurance, de muscles… Donc moins de kilomètres effectués par match, replacement un peu plus lent… etc. Cela donne plus d’espace sur le terrain, mais aussi moins de contact directement au corps à corps. Le jeu qui se met en place est alors plus fluide, il est plus facile de trouver la faille : l’objectif de foot reste de marquer des buts !

Malgré cette différence, la technique des femmes est potentiellement la même que celle des hommes. Il est vrai néanmoins que cette technique est aujourd’hui bien moins fine, avec encore trop de déchets dans les enchainements. Mais elle s’acquiert, au contraire du physique. Les espaces pourront donc être trouvés plus facilement, en profitant pleinement des opportunités. Les matchs sont donc pour moi plus plaisants que de regarder 11 gaillards regroupés dans leur surface de réparation et qui empêchent l'enchaînement des passes (France-Géorgie fournira un très bon exemple). Enfin juste une remarque sur le fair-play : les contacts sont certes moins importants que chez les hommes, mais il est appréciable de voir des femmes qui se relèvent immédiatement, sans avoir le besoin vital d’appeler la civière à chaque faute avant de se relever à son approche.

Il manque encore quelques ingrédients pour que le succès se confirme dans la durée : le manque d’homogénéité donc de suspense, comme dans le championnat de France où Lyon écrase tout (rendons ici hommage à Jean-Michel Aulas pour avoir été précurseur dans le foot féminin et avoir permis son développement), de la qualité chez les gardiennes (les erreurs de Sarah Bouhaddi ont couté très cher à la France aux J-O, mais le niveau général est très faible), ainsi qu’un grand titre national (4ième à chaque compétition, il y en a marre).

Une médiatisation de plus en plus importante.

Tout ça pour dire que le football féminin devient de plus en plus reconnu aujourd’hui. La preuve avec L’équipe : le match de Lyon a été couvert minute par minute sur le site internet du quotidien, impensable il y a quelques années. De plus en plus de matchs importants font l’objet de compte-rendu, (même dans Le Monde !). RMC (mais d’autres radios aussi je pense) donnent les résultats des matches de ligue 1 à chaque journée (merci à la remarque de Bruno Bini, l’entraineur des filles). Grace à la médiatisation croissante, de plus en plus de fans du ballon rond connaissent les noms de joueuses : Nécib, Thiney, Abily, Franco, Gourcuff (Quoi, c’est en réalité un joueur ???? Non, pas possible !). Autre amélioration : il y a deux ans, la finale de la ligue des champions avait lieu en Angleterre, dans le stade de Fulham (25000 places). Cette année, elle se tiendra à Stamford Bridge, antre de Chelsea (42000 places possibles) !

Alors, quand les tricolores connaissent des résultats compliqués tant en clubs qu’en sélections, leurs homologues féminines arrivent à nous faire rêver de trophées et à nous faire vibrer lors de leur match. Certes, le niveau est encore aujourd’hui inférieur sur le plan technique bien sûr, mais l’envie, le jeu, les résultats et surtout le fair-play comblent amplement ce déficit. Puisse cela continuer encore longtemps, en Ligue des champions, lors du championnat d’Europe en juin prochain par exemple.

Florian

PS : Concernant le pénalty raté de Thiney, il faut savoir qu’il est interdit pour le tireur de retoucher le ballon si celui-ci ne touche que le poteau. Ici, la gardienne adverse avait touché le ballon donc l’attaquante pouvait bien retenter sa chance, ce que Thiney n’a pas fait, croyant qu’il lui était interdit. On voit d’ailleurs sur l’action qu’elle veut d’abord le reprendre avant de se rétracter, elle a accordé trop d’importance à cette règle. Mais je suis certains que la plupart de ceux qui critiquent la joueuse ne la connaissent même pas.

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